CR-Tchad2011

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Compte rendu de la mission Tchad 2011

 NOTRE-DAME des AYDES AU TCHAD

Les terminales à Benoye

Impressions africaines.

Le samedi 19 février, début des vacances d’hiver, un groupe de 17 personnes se retrouve, à 9h30, à la gare de Blois pour un long voyage en direction de la brousse tropicale africaine, devenu maintenant « institutionnel » à Notre-Dame des Aydes puisqu’il s’agit de la troisième édition de l’opération. Le groupe est composé de 10 élèves de terminale, 5 accompagnateurs et 2 parents qui profitent de l’occasion pour rejoindre leur fils (ancien de NDA) installé pour deux ans à Goundi, localité proche de notre destination, la mission française (blésoise) de Benoye, créée en 1993.

Le voyage est long ; 6 heures d’avion, une nuit à N’djamena, 8 heures de bus sur une route défoncée puis une piste pour atteindre enfin notre but, le dimanche soir vers 17h.

 

Pélagie Nénodji, enseignante en Sciences de la vie et de la Terre, décorée de la médaille de bronze de l'enseignement catholique

Quelques élèves de Terminale du Lycée Notre Dame des Aydes de Blois :

Marie PESCHARD, Marion PINSARD , Maxence PUTON, Jérémy DUPUY, Arthur COURTOIS D'AUZAC

Jérémy DUPUY en compagnie du Père CABARAT

  Dès notre arrivée à N’djamena, sous une chaleur écrasante, dominée, ce soir là, par le vent poussiéreux du désert, nous sommes accueillis par Hassan et sa brigade de taxis (des 504 à bout de souffle que des conducteurs ingénieux arrivent à faire rouler contre toutes les lois de la mécanique) qui nous emmène au centre d’accueil diocésain de Kabalaye où nous passons notre première nuit africaine.

5 heures du matin, à l’appel du muezzin, la ville sort de sa torpeur et nous nous préparons pour la grande épreuve du jour : le voyage en bus vers Moundou puis Benoye ; 730 km et environ 8 heures de route dans un petit bus Toyota de 25 places. Le départ, prévu à 7h30 se fait à 8h20 après que les places aient été toutes vendues et que la galerie de toit soit remplie et bien arrimée. Le grand axe à deux voies qui joint la capitale à la 2ème ville du pays (Moundou) est asphalté puis les 70 derniers km, de Moundou à Benoye, se feront sur une piste de sable orange (la latérite).

 

Scène de la vie quotidienne au Tchad
Découverte des microscopes donnés par le Collège/Lycée Notre Dame des Aydes de Blois

Même si la façon de conduire de notre chauffeur est peu conforme aux critères européens, les deux instruments majeurs étant l’accélérateur et le klaxon, le voyage nous permet de nous plonger dans la géographie du pays : nous allons passer de la zone subsaharienne à la savane puis à la brousse semi-équatoriale. Trois choses sont frappantes au cours de cette traversée du pays : la très grande dispersion de l’habitat ; des groupes de cases se succèdent ; plus ou moins nombreuses selon l’importance de la famille, elles se disposent en cercle autour du silo à mil. La vie est foisonnante tout au long de la journée tant dans les campagnes que dans les bourgs qui sont très animés. Les femmes sont omniprésentes, belles et droites, chargées à s’éreinter, toujours à la recherche de revenus pour la famille.

L’arrivée à Benoye se fait dans une ambiance de fête. Beaucoup de collégiens de St Augustin en uniforme bleu et blanc, foulard rose pour les filles, nous accueillent avec enthousiasme en nous chantant les ritournelles apprises l’année précédente avec le Père Cabarat.

Cette impression d’enthousiasme, de joie de vivre simple et communicative, domine l’ensemble de notre séjour. Pourtant, la vie est difficile ; il y a peu d’eau et pas d’électricité et malgré tout, les gens que nous côtoyons sont d’une très grande propreté. Beaucoup de jeunes présents dans l’école sont animés d’une grande soif de connaissance ; certains assurent eux-mêmes leurs frais de scolarité. Avec humilité et reconnaissance, ils reçoivent comme un trésor l’enseignement que leur dispensent nos élèves ; eux-mêmes sont très vite envoutés par ce climat profondément chaleureux et s’engagent sans réserve dans leur nouvelle mission. Il s’agit pour eux de prendre en charge en duo les classes de 6ème à seconde, en lieu et place des professeurs ; lesquels assistent souvent à leurs cours dont ils tirent un vrai profit pédagogique. La journée de classe se répartissant sur la matinée (cours de 7h à 12h), nos élèves sont à la disposition des jeunes tchadiens de 15h à 17h  et de 19h30 à 21h pour des activités de soutien. A temps perdu et à la demande des professeurs, les cadres français leur apportent quelques clés pour construire un cours, motiver une classe, capter l’attention des enfants avec des supports pédagogiques pratiquement inexistants.

Equipe enseignante franco-tchadienne
Sur la place du village
Discours de M GEORGETTE, directeur du Collège/Lycée Notre Dame des Aydes de Blois

  Notre vie à Benoye s’axe sur la communauté des Sœurs franciscaines (elles sont 4) qui s’occupent, outre leurs activités habituelles, de notre bien-être quotidien. 15 personnes à nourrir 3 fois par jour. Elles le font avec une bonne humeur et un dévouement constants. Sans moyens, elles épaulent une paroisse, elles ont fait creuser des puits, ont ouvert un foyer pour les filles qui viennent à l’école de loin, elles ont fait sortir de terre une école, un collège et maintenant, un lycée ; en moins de 20 ans de présence, elles sont devenues, sans bruit, le centre de gravité d’une grande partie de la ville…. Elles transportent les montagnes !

L’espace ne manque pas ; autour d’une vaste place au centre de laquelle a été implantée l’église paroissiale, se répartissent le presbytère, la maison des sœurs et l’école St Augustin. Les gens circulent librement sur ce vaste espace, y compris dans la zone « délimitée » de l’école. On y a vu trois femmes pilant le mil une journée entière ; des gens vont et viennent et, symptôme des grandes difficultés de la société locale, du matin à la nuit tombée, une nuée de gamins loqueteux passe son temps à nous observer, à nous accrocher, à nous toucher. Ils ne font pas partie de l’école mais n’en sont jamais bien loin, intéressés par tout ce qui s’y passe.

Le contact si chaleureux entre français et tchadiens prend fin le 2 mars à 7h30 ; les adieux sont difficiles, tout particulièrement pour nos jeunes français dont le regard sur le monde ne sera désormais plus le même.

M. GEORGETTE,

Directeur.



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