Les 5es en pays rabelaisien

Bas de page

Les 5e en pays rabelaisien

 

Le Château du Rivau

          Dans le cadre de la séquence sur « Rabelais et l’Humanisme » axée sur l’étude du Gargantua et du Pantagruel, les professeurs de français, Madame Da Silva (5e3) et Monsieur Theuriau (5e1), ont organisé une sortie au château du Rivau à Lémeré le 19 mai 2011. Ce dernier, ouvert depuis une dizaine d’années, connut un désastre en 2010 à la suite d’un court-circuit d’origine électrique qui réduisit en cendre une grande partie des charpentes d’époque (XIV-XVe siècle). Elles sont actuellement en cours de réparation. Le château retrouvera sa splendeur à la rentrée scolaire prochaine. Cette visite eut pour but d’aborder conjointement le Moyen-Age et la Renaissance, et de marcher sur les traces de l’humaniste qu’était François Rabelais.

 

(Château du Rivau à Lémeré)

 

          Les deux heures de visite matinale concernèrent les jardins de contes de fées (1h15 min), le château (45 min) et le parcours audiovisuel (20 min) dans les écuries sur les chevaux.

 

(Les élèves de 5e1 et 5e3 dans l’un des jardins en forme d’échiquier)

 

 (Entrée du jardin d’Alice au pays des merveilles)

 

          Un lien fut fait avec François Rabelais qui connaissait le lieu et qui le cite dans son Gargantua. Le héros offrit Le Rivau à son capitaine Tolmère (qui signifie l’Audacieux) en récompense pour ses victoires lors des guerres picrocholines dans le chapitre LI intitulé « Comment les victeurs Gargantuistes feurent récompensez après la bataille ».

          La végétation et les compositions gigantesques rappellent les disproportions qui ponctuent l’œuvre de Rabelais qui puisait ses sources dans le folklore médiéval et populaire.

 

(Un arrosoir de 3 litres)

 

          Les élèves découvrirent ensuite l’intérieur du château avec ses salles somptueuses et restaurées grâce à des fonds strictement privés.

 

(Dans l’une des salles du château, autour d’une table)

 

          Le parcours audiovisuel retraçait les tournois chevaleresques et équestres de la Renaissance avec de puissants chevaux.

 

(Reconstitution d’un chevalier sur sa monture lors d’un tournoi)

 

          Une virgule gastronomique dans les jardins du château enchanta les élèves qui se « perdirent » dans le labyrinthe qui se trouvait à proximité.

 

La Devinière

          L’après-midi, conformément à l’avancée chronologique des siècles, une visite du lieu-même où vécut Rabelais, à la Devinière dans le village de Seuilly, fut l’occasion de marcher sur les traces du fameux Humaniste que les élèves étaient en train d’étudier en classe.

 

(La vie de François Rabelais)

 

          Les élèves se sont vus remettre un questionnaire sur la vie et l’œuvre de Rabelais auquel ils ont répondu au cours de la visite. Les objectifs pédagogiques se divisaient en quatre points : la littérature (comprendre un texte littéraire et son inspiration, lire et écouter un texte littéraire), l’histoire (la botanique et ses évolutions au XVIe siècle, les recherches et croyances autour du thème botanique), l’éducation artistique (sensibiliser les élèves à la notion de création artistique autour d’une œuvre littéraire, mise en évidence de l’influence du savoir botanique de Rabelais sur sa création littéraire, montrer l’interaction entre œuvre littéraire et création contemporaine) et la science et vie de la terre (observation des plantes et de leurs vertus réelles ou supposées dans les jardins).

 

(Les élèves répondant aux douze questions du questionnaire)

 

            Le thème général de la visite concernait Rabelais botaniste. En effet, Reconnu comme écrivain, moine et médecin, François Rabelais est longtemps resté méconnu dans sa dimension botaniste. Cependant, lors de ses études médicales à Montpellier puis à travers ses voyages en Italie, il s’est pourtant intéressé à l’observation des plantes considérant leurs vertus et qualités pour le renouvellement de la pharmacopée. Comme à son habitude, Rabelais ne pouvait s’empêcher de passer du propos sérieux au comique de situation. Grand connaisseur des Histoires naturelles de Pline, il devient à son tour, l’inventeur d’une classification originale des plantes, et utilise sa connaissance du règne végétal pour écrire de savoureux chapitres fantaisistes : braguettes naturelles, plantes torchecultatives, Pantagruélion (plante mirifique imaginée par Rabelais dont la description est un pur délice littéraire).

            La botanique se trouve représentée dans quelques célèbres chapitres du Gargantua (1534-1535) au chapitre 13 (l’invention du torchecul ou la théorie des plantes par le fondement), au chapitre 23 (l’observation et l’herborisation au programme d’éducation en compagnie de Rhizotome) et au chapitre 38 (les pèlerins en salade). Le Pantagruel (1532) n’est pas en reste non plus au chapitre 6 à 8 (Les braguettes naturelles), au chapitres 49 à 52 (une classification des plantes à la Rabelais et la description de la plante magique par excellence : le Pantagruélion).

 

 

(Quelques plantes dans les jardins de la Devinière)

 

L’exposition proposait, par un contenu à la fois didactique, ludique et sensoriel, de faire découvrir le parcours botanique de Rabelais et de plonger les élèves dans l’extravagance de son univers végétal. Elle a donné lieu à l’interprétation contemporaine d’un artiste tourangeau, Dominique Spiessert, inspirée par l’exubérance du roman.

 

(Dominique Spiessert à l’œuvre lors du vernissage de l’exposition le 7 mai 2011)

 

          L’après-midi passé à la Devinière, demeure de Rabelais, fut ainsi ponctuée sur une touche de modernité avec la présence des œuvres de l’artiste contemporain.

Haut de page